"For Four Walls", "Fabrications" et "Sounddance", Programme Cunningham avec le Ballet de Lorraine

C'était hier !  

< Théâtre national de la danse de Chaillot >

# Programme Cunningham avec le Ballet de Lorraine.

Le CCN - Ballet de Lorraine, pour le centenaire de la naissance de Merce Cunningham, avait concocté un programme tout à fait singulier puisque sur les trois pièces présentées, For Four Walls, Fabrications et Sounddance, il ne reste aucune trace de la première hormis la partition de John Cage. Car il s'agit là de l'une des toutes premières collaborations du chorégraphe et du compositeur recréée pour l'occasion à partir de la seule partition pour piano et voix par les deux directeurs du Ballet de Lorraine, dont l'ancien danseur de la Merce Company, Thomas Caley. Et il faut bien dire que c'est une magnifique réussite. Sur un plateau délimité sur un côté et le fond de scène par 2 murs de larges miroirs à angle droit et de l'autre par la présence de Vanessa Wagner au piano, plus d'une vingtaine de danseurs vont évoluer dans une chorégraphie tout en mouvement et en énergie, multipliant leur présence à l'infini par l'installation scénographique adoptée. Rappelant dans un premier temps un cours où les danseurs seraient face au miroir, cette image s'estompe rapidement et c'est plutôt celle d'une nuée d'oiseaux se dispersant avant de se regrouper et s'échapper à nouveau qui prend le pas. Ça court, ça saute, ça se porte avec quelques rares moments d'apaisement comme ce retrait en coulisse où les danseurs entament en choeur une complainte avant de revenir à pleine course sur le plateau, et cette recréation nous a emporté avec elle...
https://vimeo.com/346395925

Les deux programmes suivants étaient deux pièces majeures du répertoire du chorégraphe et notre préférence va à Sounddance que l'on a perçue comme une pièce joyeuse et même joueuse : cela va vite, les danseurs passent d'un partenaire à l'autre, duos et trios se font et se défont aussi vite qu’ils se créent, cela part un peu dans tous les sens mais cela produit justement des formes tout à fait inattendues et réjouissantes.

Bref avec ce programme, le Ballet de Lorraine aura su mettre en avant un Cunningham moins aride qu'il n’y paraît quelques fois. Et c'est tant mieux. Vu le 15 octobre 2019