'WORKS' de Emanuel Gat à Chaillot

C'était hier !  
 
< Théâtre de la danse de Chaillot >

# WORKS de Emanuel Gat. vu le 9 janvier 2020

Emanuel Gat Dance, WORKS © Laurent Philippe

On était sorti un peu déçu de la précédente pièce de Emanuel Gat, Story Water, qui était jouée, l'année dernière, sur la même scène. Avec cette nouvelle création intitulée WORKS, on retrouve un chorégraphe et des danseurs au plus haut niveau de leur art. 
Reprise d'une première création commune avec des danseurs du Ballet de l'Opéra de Lyon en 2017, Emanuel Gat en produit ici une nouvelle version avec les seuls danseurs de sa compagnie.
Le premier tableau voit les 10 danseurs entrer sur le plateau et se disposer en cercle, s'observant les uns les autres, avant que l'un deux lance un compteur électronique visible des spectateurs. Et c'est sur un simple geste de la tête et sur Im Abendrot de Richard Strauss que les danseurs débutent leurs 'courses' folles déployant un vocabulaire de gestes et une grammaire qui semblent infinis. Dans un flux permanent le groupe se recompose sans cesse, des unissons apparaissent, proches ou au loin, puis disparaissent pour se fondre avec d'autres. L'espace se dilate et se contracte sans cesse. C'est tout un univers qui se déploie sous nos yeux avec ses galaxies qui naissent et meurent, des constellations qui se dessinent. La richesse est-elle que l'on peine à tout saisir avec ce premier tableau et il est heureux que se succèdent par la suite de petites configurations (solo, duo, trio, quintette) qui laissent tout loisir d'observer les qualités de chacun des interprètes et qui sont pour le chorégraphe autant de manière d'aborder la matière et le travail chorégraphiques. Six tableaux qui sont alors autant de propositions du chorégraphe et de ses danseurs. On comprend mieux alors ce titre au pluriel de WORKS.
Le niveau d'entente des danseurs est tel, leur complicité si manifeste qu'ils peuvent se permettre d'entrer dans des jeux d'improvisations tout en conversant micro à la main à tour de rôle sur l'un des derniers tableaux.
Le final qui retrouve le groupe au complet au plateau sur le long morceau Sinnerman de Nina Simone est une pure merveille de danse joyeuse et festive et on a qu'une seule envie lorsque le noir se fait : tout revoir, persuadés que nous sommes que mille choses nous ont probablement échappé.
vu le 9 janvier 2020 à Chaillot.

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