'Elvedon' de Christos Papadopoulos

C'était hier !  

< Les Abbesses >

# Elvedon de Christos Papadopoulos

Elvedon © Patroklos Skafidas, theatre de la ville
Crédit photo © Patroklos Skafidas
Heureux hasard de la programmation du Théâtre de la Ville, on pouvait voir quasiment au même moment, et Fase de Anne Teresa de Keersmaeker, et deux pièces du chorégraphe Christos Papadopoulos dont on avait pu découvrir le travail au cours de l’édition Chantiers d’Europe de 2017. Pas de lien direct de celui-ci avec la chorégraphe belge et pourtant : l'usage dans sa pièce Elvedon d'un motif répété à l’infini dans différentes situations spatiales n’est pas sans rappeler une pièce telle Clapping Music qu’on avait pu (re)voir quelques jours auparavant. Du côté des jeunes chorégraphes on pense à Maud Blandel et sa pièce Lignes de conduite et au duo de la compagnie Tumbleweed intitulé The Gyre à voir absolument.
Dans Elvedon, les six danseu.ses.rs se présentent dos courbés au public, animés de tremblements qui gagnent progressivement l’ensemble des corps qui se déplient. Ils se placent face au public. Les tremblements se propagent aux bras qui adoptent peu à peu un mouvement de balancier ; le surplace initial fait place à des déplacements à coups de petits pas qui amènent à des regroupements et combinaisons spatiales entre interprètes ; de légères variations des positions des bras influent sur les directions ; jusqu’à finir par une grande course circulaire qui vient alors briser l'unisson parfait qui s'était maintenu jusque-là. La référence du chorégraphe pour cette pièce est à chercher du côté de la littérature et précisément ici auprès de Virginia Woolf et son roman Les Vagues. Mais on aurait aimé que cette grande course énergique qui vient à la fin ait pu amorcer plus tôt dans la pièce comme une tempête en mer. Pour autant l'effet hypnotique est au rendez-vous et il faut saluer ce qui est probablement une belle performance de la part des danseu.ses.rs pour maintenir une telle régularité métronomique dans le déploiement spatial du motif.
Ce chorégraphe est sans nul doute à suivre de près mais malheureusement nous n’avons pu voir sa deuxième pièce plus récente, Ion, qui était également programmée. 
Vu le 22/02/2020