C'est pour bientôt !

10000 gestes de Boris Charmatz © Brotherton Lock

10000 gestes' de Boris Charmatz.
Combien faut-il de paires d’yeux pour englober l’étonnante chorégraphie de Boris Charmatz, 10000 gestes ? Avec sa pièce Levée de Conflits, les danseurs répétaient plusieurs fois une même séquence de 24
gestes. La répétition jouait comme persistance rétinienne pour le spectateur. Avec 10000 gestes, le chorégraphe retourne le procédé et sature l'espace de gestes qui ne seront jamais répétés : one shot en quelque sorte. Plus d’une vingtaine
de danseurs et danseuses vont se ruer sur le plateau pour déployer une intense débauche gestuelle comme dans un film que l’on regarderait
dans une version accélérée. Rien ne semble totalement inconnu (une déposition de croix ici, une radeau de la Méduse par là) et pourtant on
est très vite débordé par cette marée de gestes qui déferle: ou regarder, qui regarder.
Tous les
gestes qui sont donnés à voir relèvent du
double registre paradoxal de la vitalité et de l’éphémère, de la vie et
de la mort. Pour preuve le requiem de Mozart joué tout au long de la pièce vaut comme célébration de
ces chers disparus morts nés que sont tous ces gestes à venir.
Une pièce radicale car, aussi furtifs soient-ils, ces 10000 gestes produisent sur nous des images mentales et des
sentiments qui portent en
eux une humanité partagée.