"EXPOSE(S)" de la cie Fattoumi/Lamoureux à l'Institut du monde arabe

 

EX-POSE(S), Fattoumi/Lamoureux, photo © A voir et à danser

Initialement programmée au mois de mars dans le cadre du festival Printemps de la danse arabe, la première de EX-POSE(S) s'est finalement tenue le 26 juin dans le cadre du festival Arabofolies à l'Institut du Monde Arabe, non pas dans l'auditorium mais dans la très lumineuse salle du conseil située au 9ème étage. Et c'est assis à même le sol que le public a pu découvrir cette création. Car telle est la volonté des deux chorégraphes Héla Fattoumi et Eric Lamoureux, également à la direction du Centre chorégraphique national de Franche-Comté, que de permettre au public d'être au plus près de la danse et des danseurs offrant ainsi "un accès sans filtre aux interprètes, aux détails, à la vibration des corps et à leur charge expressive."

Deux duos nous étaient présentés, l'un féminin et l'autre masculin, s'inspirant de la sculpture occidentale avec Henri Laurens pour le premier et de celle du du sculpteur africain Ousmane Sow pour le second. Deux univers bien différents mais que les chorégraphes font se rencontrer à travers la danse pour explorer ce qu'ils nomment "l'entre-l'autre".

De noir vêtue, les deux danseuses débutent leur duo à distance l'une de l'autre dans des poses qui s'inspirent de deux sculptures de H. Laurens : La petite Musicienne et La Petite Espagnole. La danse va jusqu'à investir leurs visages de manière étonnante, alternant déformations grotesques et neutralité souriante. Peu à peu les deux interprètes esquissent un rapprochement pour entamer une danse ou les corps s'imbriquent, se portent, se lient par la tresse de leurs cheveux dans une confrontation toute en sensualité jusqu'au moment ou le rythme les emmènera dans un unisson jubilatoire.

Le duo masculin quant à lui s'inspirant de Couple de lutteurs corps à corps de Ousmane Sow propose de fait une confrontation plus virile. Les danseurs se toisent et s'empoignent : c'est à celui qui immobilisera l'autre. Ici les visages n'ont plus l'hilarité du grotesque, c'est la douleur qui déforme les visages. Pourtant peu à peu au-delà des empoignades, se dégage l'image d'une "fraternité troublante".

Notons que les quatre interprètes viennent de la rive Sud de la Méditerranée : Tunisie, Maroc, Égypte.

Prochaine programmation au Musée des Beaux Arts de Besançon le 27/06/2021.