Soirée Blitz au festival faits d'hiver de Micadanses

La cie K622-Mié Coquempot a offert une soirée intense et festive en clôture du festival Faits d'Hiver.

C'est à Micadanses même que le festival Faits d'hiver refermait ses portes avec comme à son habitude une soirée Blitz, soit une carte blanche offerte à un.e chorégraphe pour œuvrer à la programmation d'une dernière soirée festive.

Cette année l'organisation de cette soirée fut dévolue à la compagnie K622 de la chorégraphe Mié Coquempot disparue en 2019. La soirée était divisée en 2 parties : la première consacrée au répertoire de la chorégraphe avec deux pièces emblématiques au sein de son corpus de créations : An H to B et Nothing but ; la seconde avec un set Jig & Mix autour de la composition instantanée incluant un dispositif participatif ouvert au public.

programme de la soirée de clôture du festival faits d'hiver à Maicadanses
soirée Blitz avec K622, photo @ avoiretadanser

An H to B
et Nothing But sont deux solos de la fin des années 1990 créés au sein de la compagnie K622. Le premier d'une durée de 8'
composé en 1997 est un hommage à William Forsythe,  à partir de photographies que la chorégraphe pris sur une télévision pour la création de Hypothetical Stream, commande passée par Daniel Larrieu à Forsythe pour le CCN de Tours et dans laquelle Mié Coquempot fut interprète.
Pour cette soirée à Micadanses, on retrouve un téléviseur au fond du plateau qui diffuse les images un peu troubles de corps pendant la performance d'Alexandra Damasse baignée d'une lumière crépusculaire. L'abstraction de cette danse composée sur la partition Piano & String Quartet (1985) de Morton Feldman, ami de Cage, nous convie à la découverte d'un corps et du monde qu'il habite tout en lignes fluides et en mystères retenus.

Le deuxième solo de 10' fut écrit en 1998 pour Jérôme Andrieu sur une partition de Ryoji Ikeda et c'est Jazz Barbé qui en est dorénavant l'interprète. Tout de blanc vêtu, il occupe successivement 3 espaces contigus du plateau, les deux premiers délimités par un carré de lumière au sol et dans lequel le danseur évolue alors que le dernier espace ne présente plus aucune limite définie par une source lumineuse. Débutée au sol, la danse, d'espace en espace, évolue progressivement du plan à la tri dimensionnalité de l'échelle humaine avant de s'affranchir de son ancrage au sol pour chercher l'élévation. L'abstraction de la composition s'articule précisément sur ces trois plans / espaces différenciés par le jeu de la scénographie lumineuse.

La seconde partie de soirée, d'après une conception de Mié Coquempot, fut une grande jam en deux sets, le premier avec les danseurs de la compagnie et le second ouvert au public qui souhaitait se joindre à cette composition instantanée dirigée par Coco Leflohic, maître.sse de cérémonie et selon quelques contraintes tirées au sort pour définir des règles de base (temps de performance, espace, qualité, etc.), le tout performé sur l'électro de la musicienne Mÿ. Masques à paillettes, confettis au sol et boule disco au plafond, c'était aussi une manière toute symbolique de fêter la réouverture des boites de nuit.

Un formidable soirée de clôture du festival Faits d'hiver, tout en contraste entre les beaux solos à l'écriture ciselée et une jam improvisation où la composition collective fut reine. Une manière de rappeler qu'il n'y avait pas de hiérarchie entre une forme composée et une forme improvisée pour Mié Coquempot.

Vu le 16 février 2022 à Micadanses.

improvisation à la soirée Blitz
soirée Blitz avec K622, photo @ avoiretadanser